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Vos reptiles dorment comme leurs ancêtres d’il y a 300 millions d’années

Une équipe de chercheurs français vient de lever le voile sur un mystère fascinant : chez plusieurs espèces étudiées, le sommeil des reptiles semble fonctionner selon un mécanisme vieux de plusieurs centaines de millions d’années, partagé avec les mammifères et les oiseaux.

Ce que vos reptiles font vraiment quand ils ferment les yeux

On a tous observé nos lézards ou serpents immobiles pendant des heures, apparemment « éteints ». Mais que se passe-t-il réellement dans leur organisme ? Des chercheurs du CNRS, notamment basés à Lyon, apportent des éléments de réponse prometteurs.

En étudiant sept espèces de reptiles aux côtés d’un oiseau et de deux mammifères, ils ont découvert un rythme physiologique ultra-lent qui se manifeste pendant le sommeil profond. Ce n’est pas qu’une activité cérébrale : c’est tout le corps qui pulse selon ce tempo – cœur, respiration, vaisseaux sanguins, muscles.

Précision importante : l’étude porte sur un panel limité d’espèces. Les conclusions, bien que passionnantes, ne peuvent pas encore être généralisées à l’ensemble des reptiles. Mais les premiers résultats ouvrent des pistes fascinantes.

Un héritage commun vieux de 300 millions d’années ?

Dans le cadre de cette étude, il s’avère que ce rythme est quasiment identique chez les reptiles testés, l’oiseau et les mammifères observés. Si ces résultats se confirment à plus grande échelle, cela suggérerait un héritage remontant à l’ancêtre commun de tous ces animaux, bien avant que les lignées ne se séparent au Carbonifère.

Pour nous terrariophiles, c’est une piste de réflexion précieuse. Cela pourrait signifier que le sommeil de nos reptiles n’est pas un simple état de torpeur primitive, mais un processus actif et sophistiqué, probablement essentiel à leur santé.

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À quoi servirait ce rythme mystérieux ?

Chez les mammifères, les chercheurs pensent que ces oscillations lentes facilitent l’élimination des déchets métaboliques accumulés dans le cerveau – une sorte de « nettoyage nocturne ». Si le mécanisme s’avère identique chez les reptiles, cela soulignerait l’importance cruciale d’un sommeil de qualité pour nos pensionnaires. Mais cette hypothèse reste à confirmer par des études complémentaires.

L’équipe évoque aussi une possible adaptation aux contraintes environnementales. Un animal endormi est vulnérable : ce rythme pourrait permettre une forme de vigilance minimale, même en sommeil profond.

Et les rêves alors ?

Voilà où ça devient vraiment intéressant pour les curieux. Cette découverte remet en question l’existence d’un « sommeil paradoxal » chez les reptiles – cette fameuse phase où nous, humains, rêvons.

Certaines études suggéraient que les reptiles connaissaient des phases similaires. Ces nouveaux travaux invitent à la prudence : ce qu’on prenait pour du sommeil paradoxal pourrait être autre chose. Vos varans rêvent-ils de leurs proies ? La question reste ouverte.

Ce que ça pourrait changer pour l’élevage

Si ces découvertes se vérifient sur un plus large panel d’espèces, elles confirmeraient ce que les éleveurs expérimentés soupçonnent depuis longtemps : le cycle jour/nuit n’est pas qu’une question de thermorégulation. La qualité du sommeil impacterait probablement le système immunitaire, la digestion et le comportement général de nos animaux.

En attendant des études plus poussées, quelques bonnes pratiques qui ne peuvent pas faire de mal :

  • Respecter scrupuleusement les cycles d’éclairage adaptés à chaque espèce
  • Éviter les sources lumineuses parasites la nuit (LEDs d’équipement, éclairage ambiant)
  • Fournir des cachettes où l’animal se sent suffisamment en sécurité pour dormir profondément
  • Observer les comportements de sommeil inhabituels comme indicateurs potentiels de stress ou de maladie
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Pour aller plus loin

L’étude complète a été publiée fin décembre 2025 dans Nature Neuroscience. Elle impliquait une méthodologie impressionnante avec des enregistrements simultanés de l’activité cérébrale, cardiaque, respiratoire et musculaire – du jamais vu à cette échelle comparative.

Même si des recherches supplémentaires seront nécessaires pour généraliser ces conclusions, c’est une preuve de plus que nos reptiles, souvent perçus comme des animaux « simples », possèdent très probablement une physiologie d’une complexité remarquable. Trois cents millions d’années d’évolution, ça laisse le temps de peaufiner les détails.


Source : Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), janvier 2026

Nicolas

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