Testudo_hermanni

La tortue méditerranéenne retrouve progressivement son territoire dans le massif des Albères

Les dernières données scientifiques collectées par la Société Catalane d’Herpétologie et le Centre de reproduction de tortues de l’Albera témoignent d’une dynamique encourageante pour la Testudo hermanni. Cette espèce menacée d’extinction, dont le massif des Albères constitue l’ultime refuge naturel sur la péninsule ibérique, affiche des signes tangibles de rétablissement. Les chercheurs observent même une expansion géographique vers des zones jusqu’alors inoccupées.

Une espèce emblématique au bord du gouffre.

La tortue méditerranéenne se distingue par sa carapace aux motifs noirs et jaunes, son régime herbivore et son activité diurne. Cet animal entre en hibernation durant les mois froids et connaît ses pics d’activité au printemps et en automne.

Sa longévité remarquable peut atteindre 70 à 80 ans. Jadis répandue sur l’ensemble du territoire catalan, particulièrement le long du littoral, cette espèce a vu ses effectifs s’effondrer au fil des décennies.

La destruction progressive de ses habitats naturels et les prélèvements massifs destinés au marché des animaux de compagnie ont précipité son déclin.

Aujourd’hui classée en danger d’extinction et protégée par une interdiction totale de commercialisation, la population des Albères représente l’un des derniers bastions européens de l’espèce.

Des efforts de conservation qui portent leurs fruits.

Face à cette situation critique, le Centre de reproduction de tortues de l’Albera a vu le jour en 1984, implanté au Sanctuaire du Camp à Garriguella, dans la comarca de l’Alt Empordà.

Cette structure travaille en étroite collaboration avec la Société Catalane d’Herpétologie et le parc naturel d’intérêt national de l’Albera pour surveiller et préserver l’espèce. Nil Torres, technicien auprès de la Société Catalane d’Herpétologie, souligne l’amélioration spectaculaire des indicateurs : certaines parcelles comptent désormais entre cinq et dix individus par hectare, alors que les études antérieures à 2019 n’en recensaient qu’un seul.

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Joan Budó, directeur du Centre de reproduction, tempère néanmoins cet optimisme en rappelant la lenteur inhérente au processus, la maturité sexuelle de l’espèce n’intervenant qu’à l’âge de 14 ans.

Un équilibre précaire face aux menaces persistantes

Plusieurs facteurs expliquent cette embellie selon les spécialistes. L’absence d’incendies majeurs dans le site naturel ces dernières années contraste avec les ravages des décennies 70 et 80, quand les feux provoquaient une mortalité considérable.

Les campagnes de sensibilisation et l’interdiction stricte du commerce de ces reptiles ont également contribué à inverser la tendance. Les habitants de l’Albera, conscients de la fragilité de cette espèce patrimoniale, adoptent désormais des comportements responsables.

Malgré ces progrès locaux, la distribution géographique de la tortue méditerranéenne demeure extrêmement restreinte en Catalogne, où elle a disparu des autres territoires depuis un demi-siècle. Les programmes de réintroduction ont permis d’établir quelques nouvelles populations, mais celles-ci restent modestes et vulnérables.

L’avenir de la Testudo hermanni demeure suspendu à un fil. Une catastrophe naturelle, notamment un incendie de grande ampleur dans les Albères, pourrait anéantir en quelques jours des décennies d’efforts de conservation et compromettre définitivement la survie de cette espèce sur la péninsule ibérique.

Source de l’info : La Semaine du Rousillon.

Nicolas

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