Vipères de France : les quatre espèces sont en déclin, deux sont « En danger »
Qu’on les redoute ou qu’on les admire, les vipères font partie du patrimoine naturel français, et elles ne vont pas bien. Dans la Liste rouge 2026, les quatre vipères évaluées en France hexagonale voient leurs populations diminuer, et deux d’entre elles sont classées « En danger ». Un plan national d’actions (PNA) existe en faveur des vipères de France.
Le bilan en un coup d’œil
| Espèce | Catégorie | Tendance |
|---|---|---|
| Vipère de Seoane (Vipera seoanei) | En danger (EN), statut dégradé | Diminution |
| Vipère d’Orsini (Vipera ursinii) | En danger (EN) | Diminution |
| Vipère péliade (Vipera berus) | Vulnérable (VU) | Diminution |
| Vipère aspic (Vipera aspis) | Quasi menacée (NT), statut dégradé | Diminution |
La Vipère de Seoane, passée « En danger »
Elle vit dans une variété d’habitats humides naturels ou artificiels (landes, tourbières, haies) et n’est présente que dans l’extrême Sud-Ouest du pays. Fortement raréfiée en plaine depuis les années 1980-1990 par l’urbanisation et les aménagements, elle ne subsiste plus aujourd’hui qu’au niveau des crêtes, jusqu’à 1 160 mètres d’altitude, sous l’effet combiné de la hausse des températures et de la fréquence des sécheresses. Les brûlis et les défrichements dégradent encore ses habitats. Résultat : de « Vulnérable » en 2015, elle passe à « En danger ».
La Vipère d’Orsini, victime de l’embroussaillement
Ce petit serpent steppique est « En danger ». Le changement des pratiques pastorales favorise l’embroussaillement des prairies et des landes, ce qui a entraîné une forte régression de son habitat. Elle est aussi menacée localement par diverses activités de loisir : pistes et stations de ski, surfréquentation de certains sites.

La Vipère péliade, « Vulnérable »
La Vipère péliade, dont le statut est « Vulnérable », fait partie des espèces menacées de disparition en France. Le rapport confirme une tendance au déclin de ses populations, dans la lignée de l’ensemble des vipères du pays.
La Vipère aspic, désormais « Quasi menacée »
C’est sans doute la plus familière des vipères françaises, et son changement de statut est parlant : de « Préoccupation mineure », elle passe à « Quasi menacée ». La disparition des zones de bocage accentue sa régression, au même titre que celle du Lézard vivipare. Sa sous-espèce, la Vipère aspic de Zinniker, est elle aussi « Quasi menacée », avec une tendance à la baisse.
Un plan national d’actions pour les vipères
Face à cette situation, un plan national d’actions est en place en faveur des vipères de France. Il vient d’intégrer la Vipère de Seoane. Ce type de plan coordonne les actions de conservation, de suivi et de sensibilisation à l’échelle nationale. Il fait partie des cinq PNA cités par le rapport, avec ceux de la Tortue d’Hermann, du Sonneur à ventre jaune, du Pélobate brun et du Crapaud vert.
Protéger les vipères, c’est aussi les connaître
Les reptiles de France hexagonale bénéficient d’une protection réglementaire depuis les années 1980, et c’est une bonne chose : les vipères sont des prédatrices discrètes, farouches, qui mordent en dernier recours. Quelques réflexes évitent bien des drames, pour elles comme pour nous :
- ne jamais chercher à tuer ou à capturer une vipère rencontrée en nature ;
- garder ses distances, et ne pas marcher sans regarder dans les zones de landes, de rocailles ou de lisières ;
- signaler ses observations aux associations naturalistes ou aux bases de données participatives.
Notre prochain article quitte les serpents pour les amphibiens et leurs mares.
Source : UICN Comité français, OFB, MNHN & SHF (2026), La Liste rouge des espèces menacées en France, chapitre Reptiles et Amphibiens de France hexagonale, Paris.
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