Caribena versicolor

Mygale antillaise, Caribena versicolor

Classification

Règne Animalia
Embranchement Arthropoda
Classe Arachnida
Ordre Araneae
Famille Theraphosidae
Genre Caribena
Espèce Caribena versicolor (anciennement Avicularia versicolor) — Mygale antillaise

Présentation

La Mygale antillaise (Caribena versicolor) est endémique de l’île de la Martinique, un territoire français des Antilles — une origine qui en fait l’une des rares mygales de terrariophilie native d’un territoire français. Longtemps classée dans le genre Avicularia, elle a été replacée en 2017 dans le genre Caribena, créé spécifiquement pour les deux espèces caribéennes du groupe.

Cette mygale arboricole se distingue par une métamorphose chromatique spectaculaire au fil de sa croissance : les juvéniles arborent un bleu électrique éclatant, qui évolue progressivement vers une combinaison de vert métallique, de rouge et d’orangé chez l’adulte, une transformation qui a valu à l’espèce une popularité considérable en terrariophilie.

Vivant naturellement dans la canopée forestière martiniquaise où elle tisse des nids de soie en forme d’entonnoir entre les branches et les feuilles, cette espèce nécessite un aménagement vertical adapté à son mode de vie arboricole, différent des espèces terrestres du genre Grammostola ou Brachypelma.

Caractéristiques physiques

La Mygale antillaise présente une évolution chromatique remarquable au cours de sa vie : bleu métallique intense chez les jeunes, laissant place à un céphalothorax et des pattes vert métallique contrastant avec un abdomen orange-rouge chez l’adulte.

  • Envergure adulte : entre 12 et 15 cm de diamètre de pattes, avec un corps proportionnellement plus svelte que les espèces terrestres, typique des mygales arboricoles.
  • Couleurs : bleu électrique chez le juvénile, évoluant vers un vert métallique sur le céphalothorax et les pattes avec un abdomen rouge-orangé chez l’adulte.
  • Poils urticants : présents mais en quantité moindre que chez les espèces terrestres, cette mygale arboricole comptant davantage sur la fuite verticale rapide.
  • Dimorphisme sexuel : les femelles sont plus massives et bien plus longévives que les mâles, plus graciles à maturité.
  • Longévité : 10 à 12 ans chez la femelle ; les mâles ne survivent généralement qu’un à deux ans après leur mue adulte.

Terrarium et habitat

Contrairement aux espèces terrestres, la Mygale antillaise exige un terrarium vertical d’au moins 30 × 30 × 45 cm, la hauteur primant sur la surface au sol pour cette espèce arboricole.

Le substrat reste secondaire : une fine couche de fibre de coco de 3 à 4 cm au fond suffit, l’essentiel de la vie de l’animal se déroulant en hauteur.

La décoration doit impérativement offrir des branches, lianes artificielles ou écorces verticales permettant de tisser un nid de soie en hauteur, ainsi qu’un feuillage artificiel dense pour reproduire le couvert de la canopée ; une coupelle d’eau peu profonde complète l’aménagement.

Paramètres d’élevage

Originaire de la forêt tropicale humide martiniquaise, la Mygale antillaise nécessite une hygrométrie plus soutenue que la plupart des espèces terrestres présentées sur ce site.

  • Températures : température ambiante entre 24 et 27 °C, sans nécessité de point chaud marqué dans un logement tempéré.
  • Hygrométrie : élevée, 75 à 85 %, maintenue par des vaporisations quotidiennes légères, sans excès stagnant.
  • Éclairage : aucun besoin spécifique en UVB, un éclairage ambiant standard suffisant pour marquer le cycle jour/nuit.
  • Ventilation : essentielle malgré l’hygrométrie élevée requise, une bonne partie haute du terrarium devant rester correctement ventilée pour éviter les moisissures sur le nid de soie.

Alimentation

La Mygale antillaise est carnivore, chassant essentiellement les insectes volants dans son habitat naturel. En captivité, son alimentation repose sur des grillons, drosophiles pour les juvéniles, et blattes de taille adaptée pour les adultes.

Un adulte se nourrit généralement d’une proie tous les 7 à 10 jours. Les proies doivent idéalement être proposées près du nid de soie plutôt qu’au sol, cette espèce chassant rarement en dehors de son territoire tissé.

Comportement et manipulation

La Mygale antillaise présente un tempérament vif et nerveux, typique des espèces arboricoles, fuyant très rapidement vers le haut au moindre dérangement plutôt que d’adopter une posture défensive.

Sa vivacité et son mode de vie arboricole rendent la manipulation directe fortement déconseillée : les sauts et déplacements rapides en hauteur augmentent considérablement le risque de chute, potentiellement fatale pour l’animal. Cette espèce se prête avant tout à l’observation dans son terrarium vertical aménagé.

Reproduction et mue

La reproduction en captivité de la Mygale antillaise est bien maîtrisée, cette espèce figurant parmi les plus reproduites chez les mygales arboricoles en raison de sa popularité.

  • Maturité sexuelle : atteinte vers 2 à 3 ans compte tenu d’une croissance relativement rapide.
  • Accouplement : le mâle dépose du sperme sur une toile spermatique avant de l’introduire dans les organes de la femelle, une phase délicate menée généralement à proximité du nid de la femelle.
  • Ponte et éclosion : la femelle tisse un cocon contenant 50 à 150 œufs, un nombre plus modeste que chez les espèces terrestres, couvé activement pendant environ 6 à 7 semaines.
  • Mue : un adulte mue généralement une fois par an, suspendu dans son nid de soie ; il convient d’éviter toute manipulation durant cette période de grande fragilité.

Santé

La Mygale antillaise est sensible à un excès d’humidité stagnante sans ventilation adéquate, qui favorise le développement de moisissures sur son nid de soie, son principal point de vigilance sanitaire.

Les signes d’alerte incluent un abdomen anormalement flasque (déshydratation), une immobilité prolongée hors contexte de mue, ou la présence de moisissures visibles sur le nid tissé. Une bonne circulation d’air couplée à des vaporisations légères et régulières plutôt qu’un substrat détrempé constitue la meilleure prévention.

Statut de détention en France

La détention de la Mygale antillaise par des particuliers ne nécessite ni certificat de capacité ni déclaration en France, les invertébrés n’étant pas soumis à la réglementation encadrant les vertébrés non domestiques.

Caribena versicolor n’est pas inscrite aux annexes CITES. Sa détention et son échange entre particuliers sont donc libres, sans formalité particulière.

Fait notable : cette espèce est endémique de la Martinique, territoire français, ce qui en fait l’une des rares mygales de terrariophilie originaires du territoire national au sens large.

Cette espèce est-elle faite pour vous ?

La Mygale antillaise est une espèce recommandée aux terrariophiles intermédiaires disposant déjà d’une première expérience avec les mygales terrestres, en raison de son mode de vie arboricole et de son tempérament vif.

Ses points forts sont sa métamorphose chromatique spectaculaire, son comportement de tisseuse fascinant à observer, et son origine antillaise unique. Son besoin d’un terrarium vertical dédié et d’une hygrométrie plus soutenue la rend en revanche moins simple d’entretien qu’une espèce terrestre désertique.

Si vous recherchez une première expérience avec les mygales, orientez-vous plutôt vers la Mygale rose du Chili ou la Mygale aux poils blonds. Si vous avez déjà de l’expérience et souhaitez découvrir le mode de vie arboricole avec une espèce spectaculaire, la Mygale antillaise est un choix d’exception.