Mauremys reevesii

Vous êtes passionné par les tortues aquatiques et souhaitez adopter une espèce adaptée aux débutants ? La Mauremys reevesii, aussi appelée émyde de Reeves, est une tortue semi-aquatique rustique qui pardonne les petites erreurs de maintenance. Compacte, active et dotée d’un tempérament paisible, elle séduit les terrariophiles européens depuis des années. Dans cet article, on vous propose un tour d’horizon complet sur cette espèce asiatique et ses conditions de maintenance en captivité.

Mauremys reevesii 3

Description de la Mauremys reevesii.

Originaire de Chine centrale et orientale, de Corée et du Japon, cette tortue appartient à la famille des Geoemydidae. Elle fréquente les milieux aquatiques peu profonds comme les étangs, marais, canaux et petites rivières à faible courant.

Sa dossière ovale arbore une teinte brun foncé à noir caractéristique. Trois carènes longitudinales bien marquées parcourent la carapace, d’où son surnom de « tortue à trois carènes ». Le plastron affiche lui aussi des tons sombres avec des bordures beiges aux extrémités des écailles.

Les adultes atteignent des tailles modestes : 10 à 13 cm pour les mâles, 19 à 24 cm pour les femelles. La tête gris foncé est ornée de rayures jaunâtres sur le cou, très visibles chez les juvéniles. Ces marques s’estompent avec l’âge, notamment chez les mâles qui peuvent devenir entièrement noirs après 7 ans – un phénomène de mélanisme bien documenté chez cette espèce.

Dimorphisme sexuel : Les mâles demeurent nettement plus petits que les femelles. Leur queue est également plus longue et épaisse, tandis que leur cloaque se situe au-delà du bord de la carapace. Les femelles, plus imposantes, conservent une queue courte et des couleurs généralement moins sombres à l’âge adulte.

CaractéristiqueDétails
Nom(s) commun(s)Émyde de Reeves, Tortue de Chine à trois carènes
FamilleGeoemydidae
OrigineChine, Corée, Japon, Taïwan
HabitatÉtangs, marais, canaux, rivières calmes
Taille♂ 10-13 cm / ♀ 19-24 cm
ActivitéDiurne
Difficulté⭐ (Débutant)

Maintenance de la Mauremys reevesii.

Dimensions du terrarium nécessaire

Pour un adulte, prévoyez un aqua-terrarium d’au moins 100 x 50 x 40 cm. Ces dimensions conviennent pour maintenir un individu confortablement ou un couple dans de bonnes conditions.

La hauteur d’eau varie selon l’âge : 3 à 5 cm suffisent pour les juvéniles (qui nagent encore maladroitement), contre 15 à 25 cm pour les adultes. Attention aux petits, qui peuvent s’épuiser rapidement dans une eau trop profonde !

Paramètres environnementaux

Température

Côté températures, visez 25-29°C pour l’eau en journée. Le point chaud sur la plage doit atteindre 30-32°C, tandis qu’une zone plus fraîche à 24-25°C reste accessible. La nuit, laissez naturellement descendre à 20-22°C.

Un thermoplongeur réglable maintient l’eau à température constante. Pour la zone d’insolation, combinez une lampe chauffante et une source UVB. Vérifiez régulièrement avec un thermomètre – les juvéniles sont particulièrement sensibles aux variations brusques.

Hygrométrie : L’hygrométrie n’est pas un souci majeur pour cette espèce aquatique. La partie terrestre doit simplement rester sèche pour permettre une bonne thermorégulation. Un taux autour de 60-70% convient parfaitement.

Éclairage

Les Mauremys reevesii ont d’importants besoins en UVB. Équipez-vous d’une ampoule à spectre 5.0 ou 10.0 selon la distance, que vous allumerez 12 à 14 heures par jour. Ces UV sont essentiels pour la synthèse de vitamine D3 et l’assimilation du calcium – n’essayez pas de faire l’impasse, même avec une alimentation complète. Remplacez l’ampoule UVB tous les 6 à 12 mois selon les recommandations du fabricant.

Aménagement du terrarium

Le substrat de la partie aquatique ? Du sable fin ou du gravier arrondi fait très bien l’affaire. Évitez les pierres coupantes qui pourraient blesser le plastron lors des déplacements au fond de l’eau. Pas de substrat obligatoire non plus – un fond nu facilite grandement l’entretien.

Pour la zone d’émergence, installez une plage stable et facilement accessible. Une rampe en pente douce permet aux tortues de sortir sans effort. Les racines de mangrove, branches de chêne immergées et pierres plates créent des perchoirs naturels très appréciés. Cette espèce adore se prélasser au soleil pendant des heures !

💡 Un conseil d’éleveur : installez quelques plantes artificielles sous l’eau. Les Mauremys reevesii, pourtant peu farouches, apprécient ces cachettes et s’y réfugient volontiers entre deux séances de bain de soleil.

Filtration

Une bonne filtration s’impose absolument. Les tortues aquatiques polluent énormément l’eau avec leurs déjections et restes alimentaires. Optez pour un filtre externe surdimensionné (prévu pour 1,5 à 2 fois le volume d’eau réel) avec une ouverture d’aspiration protégée. Réglez le débit modérément : cette espèce préfère les eaux calmes et n’est pas une grande nageuse. Changez 30% de l’eau chaque semaine en complément de la filtration.

Alimentation

Au menu, variez les plaisirs ! Les juvéniles sont carnivores avec un sacré appétit : vers de terre, grillons, larves d’insectes, crevettes fraîches et petits poissons constituent leur base alimentaire. Avec l’âge, le régime devient progressivement omnivore.

Les adultes acceptent volontiers des végétaux aquatiques (lentilles d’eau, élodée, jacinthe d’eau), de la salade (mâche, endive, cresson), et quelques fruits en petite quantité. Continuez cependant à proposer des protéines animales 2 à 3 fois par semaine. Les escargots d’eau douce, en particulier, constituent un excellent apport en calcium naturel.

Saupoudrez légèrement la nourriture d’un complément vitaminé et calcique une fois par semaine. Les granulés commerciaux de qualité peuvent compléter l’alimentation, mais ne doivent jamais représenter plus de 30% du régime global.

Caractère de la Mauremys reevesii.

Voilà une tortue diurne particulièrement active ! Contrairement à certaines espèces farouches, les émydes de Reeves passent de longues heures à explorer leur environnement. Elles marchent volontiers au fond de l’aquarium, se hissent sur les branches pour lézarder, et observent leur environnement avec curiosité.

En milieu aquatique, cette espèce se déplace surtout en marchant sur le substrat plutôt qu’en nageant. Les adultes tolèrent des profondeurs moyennes, mais les jeunes préfèrent nettement pouvoir poser régulièrement les pattes au sol.

Cette espèce hiberne naturellement dans son milieu d’origine. En captivité, vous pouvez reproduire cette période de repos hivernal en abaissant progressivement la température à 8-15°C pendant 6 à 8 semaines entre novembre et février. L’hibernation n’est pas obligatoire pour les tortues maintenues en intérieur, mais elle favorise la reproduction et respecte le cycle biologique naturel.

Manipulation : Les Mauremys reevesii tolèrent relativement bien les manipulations une fois habituées à leur environnement. Saisissez-les fermement mais délicatement par les flancs de la carapace, jamais par les pattes ou la queue. Limitez les sorties aux strictes nécessités (soins vétérinaires, nettoyage approfondi) – trop manipulée, la tortue stresse et peut cesser de s’alimenter plusieurs jours.

Santé de la Mauremys reevesii.

Un spécimen en bonne santé affiche une carapace ferme, sans parties molles ni bosses anormales. Les yeux doivent être vifs, bien ouverts et sans sécrétions. Le plastron reste intact, sans trace de rougeur ou d’écailles qui se décollent.

Surveillez attentivement les sécrétions nasales, buccales ou oculaires – elles signalent souvent une infection respiratoire. Une tortue qui nage de travers, flotte anormalement ou garde constamment la bouche ouverte nécessite une consultation rapide chez un vétérinaire NAC. Les mycoses cutanées (plaques blanches sur la peau) touchent fréquemment les juvéniles en cas de qualité d’eau médiocre.

La pourriture de carapace représente une pathologie grave causée par des bactéries. Elle se manifeste par des écailles qui se ramollissent, se décollent ou dégagent une odeur nauséabonde. Maintenir une eau propre et permettre un assèchement complet quotidien sur la plage prévient la plupart de ces affections.

Cette espèce peut être sujette à diverses pathologies (carences en calcium, parasitoses intestinales, abcès auriculaires…) qui feront l’objet d’articles dédiés sur Terrariophile.com.

Reproduction de la Mauremys reevesii.

La maturité sexuelle survient vers 4 ans chez les mâles et 5 à 8 ans chez les femelles, pour des tailles respectives de 10 cm et 15 cm. La saison de reproduction s’étend du début du printemps (mars) jusqu’en été (juillet-août) sous nos latitudes.

ÉtapeDonnées
Saison d’accouplementMars à juillet
Délai ponte4 à 8 semaines après fécondation
Nombre œufs2 à 6 œufs (2-4 pontes/an)
Taille œufs32 x 25 mm en moyenne
Durée incubation60 à 90 jours
Température incubation26-29°C (optimal : 29°C)
Taille nouveau-nés28-30 mm

Les mâles adoptent un comportement de parade très démonstratif : ils poursuivent les femelles, vibrent leurs pattes antérieures devant leur tête et les mordillent aux pattes ou au cou. L’accouplement dure 10 à 30 minutes. Prévoyez un bac de ponte d’au moins 30 cm de profondeur rempli d’un mélange terre-sable humide où la femelle creusera son nid.

Attention : cette espèce présente une détermination du sexe dépendante de la température. Les œufs incubés à 32°C ou plus donnent exclusivement des femelles, tandis que des températures inférieures à 26°C produisent majoritairement des mâles. Pour obtenir un ratio équilibré, maintenez l’incubation entre 26 et 29°C.

Reproduire cette espèce demande un minimum d’expérience et de rigueur. Si vous débutez, concentrez-vous d’abord sur la maintenance des adultes avant d’envisager la reproduction. Les nouveau-nés mesurant à peine 3 cm nécessitent des soins très spécifiques pendant leurs premiers mois de vie.

Statut légal et conservation.

Statut CITES : Mauremys reevesii figure à l’Annexe III de la CITES (proposée par la Chine) et à l’Annexe C du règlement européen 338/97. En France, la détention jusqu’à 25 spécimens ne requiert aucune autorisation particulière. Au-delà de 26 individus, un certificat de capacité et une autorisation d’ouverture d’établissement deviennent obligatoires.

Depuis l’arrêté du 8 octobre 2018, tout individu doit être identifié par transpondeur électronique (puce) et déclaré sur le site i-fap. Cette obligation s’applique aux tortues acquises avant et après le 15 juin 2018. Conservez soigneusement tous les justificatifs (facture d’achat, attestation de marquage) – ils vous seront demandés lors de la déclaration.

Conservation : L’UICN classe cette espèce comme « En danger » (Endangered). Les populations sauvages ont subi un déclin catastrophique de plus de 50% en trente ans à cause de la collecte intensive pour le commerce alimentaire et la médecine traditionnelle chinoise. Paradoxalement, l’espèce est massivement élevée en ferme en Chine, avec des millions d’individus produits chaque année. Ces spécimens d’élevage alimentent le marché de l’alimentation, de la médecine traditionnelle et des animaux de compagnie, mais ne contribuent guère à la conservation des populations sauvages génétiquement pures.


Fiche mise à jour le 17 décembre 2025

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